Aujourd’hui, commencent les festivités autour du 375ème « anniversaire » de Montréal. Au risque de me faire traiter de « casseuse de party », je tiens quand même à exprimer quelques raisons qui me poussent à ne pas me réjouir de telles festivités.

Célébrer Montréal comme on nous le propose aujourd’hui revient à fêter la colonisation, le meurtre et la dépossession de centaines de milliers d’autochtones.

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Célébrer Montréal revient à ignorer complètement tout un pan de la population montréalaise – les autochtones – dont les ancêtres ont été victimes de la fondation de Montréal. Cela signifie qu’on leur fêterait en pleine face la joie de l’arrivée des Blancs d’Europe sur leur terre pour la « nettoyer » et « civiliser » ses habitants_es.

Pour avoir une idée de ce que ça représente, ce serait comme participer aux festivités de la naissance de l’état d’Israel. Non merci ! Montréal a plus que 375 ans…et la Palestine a plus que 70 ans…

Nous pouvons choisir l’année 2034 – 500ème de l’arrivée de Jacques Cartier – ou encore le 17 mai 2042 – 400ème de la prise de l’Île par Maisonneuve et Jeanne Mance au nom de la Société de Notre-Dame pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France – pour organiser des événements de sensibilisation et de réflexion sur les colonialismes, leurs effets à court et à long terme sur plusieurs générations, et comment prévenir de potentielles entreprises coloniales ou résister à celles qui sont toujours en cours. Nous pouvons profiter de ces occasions pour éduquer plus de citoyennes et citoyens sur la façon dont nos choix politiques participent à déposséder d’autres populations, ou à détruire leur vie.

Nous pouvons donner les tribunes principales aux populations qui ont vécu ou vivent toujours sous la colonisation afin d’écouter leurs témoignages et leurs analyses. Et il peut même y avoir tout un volet culturel et artistique pour rappeler encore une fois la résistance au colonialisme.

À toutes ces alternatives, je répondrai « présente ! »… en attendant, j’exprime ma solidarité aux peuples d’ici et d’ailleurs qui vivent actuellement sous l’oppression coloniale et impériale.

 

Célébration ou commémoration ?

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